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24 janvier 2008

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 Voilà le numéro 1 finalisé, n'hésitez pas si vous avez des choses à redire ou des corrections à apporter.
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22 janvier 2008

La Vénus 3D de Richard Abibon

  "Après des siècles de pudibonderie moyenâgeuse le nu féminin se réinstalle dans le paysage artistique. Le thème de la femme fouillant dans un coffre à l’arrière plan n’est pas un accident. Il se retrouve dans de très nombreux tableaux de ce genre, comme la Vénus d’Urbino du Titien (1538) :

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 A ce titre, il fait partie de la structure. Il évoque l’investigation sexuelle des enfants qui aboutira, côté masculin, au plaisir pris en la contemplation de la beauté, en pied et en chair ou en toile tramée, et, côté féminin, au désir d’offrir à l’autre une raison d’y croire. Souvent, dans les rêves et les dessins d'enfant, une pièce ou une maison représente le corps, portes et fenêtres en étant les orifices. Cependant c'est moins un orifice supplémentaire qui se donne à voir sur le corps féminin, que le manque d'un organe en plus. De là à passer sa vie à le chercher...Est-ce cela, le mystère du désir?

La symbolique de l’époque donne à lire quelques charmantes interprétations : le bouquet de roses dans la main de Vénus embaume l’amour, le chien repose tranquille dans la fidélité, tandis que sur la fenêtre du fond, un bouquet de myrte garantit l’éternité du lien.

Je m’autoriserai à aller un peu au-delà.

Notons ici la pertinence coupante du rideau tombant droit au niveau du sexe à peine voilé par la main. Il sépare clairement ce qu’on voit de ce qu’on ne saurait voir. Que dévoilerait cette main si elle se déplaçait d’un iota ? Rien d’autre qu’une fente semblable à la coupure de ce rideau, qui lui, voile sans doute un trou spatial identique à celui que la droite du tableau donne à voir. Que risquerait la jeune fille si, trouvant dans le coffre ce qu’elle cherche, elle se dénudait comme une grande pour le plaisir des amateurs ? Quoi d’autre, sinon le châtiment que l‘adulte à ses côtés, retroussant ses manches, s’apprête à lui infliger ? certes, d’aucuns diront que ce n’est qu’une camériste qui tient sur l’épaule la robe destinée à Vénus, tandis que, à genoux, une autre servante cherche les compléments de ce vêtement. Mais après tout, le vêtement joue le même rôle que le phallus, celui de voiler le manque féminin.

Mais si c’est du phallus dont il est question, elle n’est pas prête de le trouver, car elle ne cherche pas au bon endroit. Il lui suffirait de lever la tête pour apercevoir dans l’ouverture de la fenêtre la vigoureuse colonne phallique agrémentée d’une verdure pertinemment taillée à la mode testiculaire. Non seulement celle-ci se présente érigée dans le trou qui complète l’effet de perspective du tableau, mais encore elle côtoie la coupure du rideau en la reliant ainsi au sexe de Vénus. Façon de nous donner à lire que la sexuation ne peut se comprendre sans la castration.

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Encore une fois, on peut retrouver dans cette œuvre le schéma L de Lacan, d’une manière toujours un peu tordue par rapport à l’original. Il est remarquable que les lignes droites qui joignent l’œil de l’une au sexe de l’autre se croisent exactement sur la tête baissée de la jeune femme qui cherche dans le coffre. La diagonale de la fenêtre phallique passe aussi par ce point pour aller indiquer l’arrière train du chien couché au pied de la belle, indiquant l’animal comme le complément phallique si souvent réclamé par les petites filles. Que ce soit un chien ou une chienne, à cet endroit, il y a toujours une queue. Comme toujours je place la ligne imaginaire a-a’ au niveau des yeux et la ligne S-A au niveau des sexes puisqu’il s’agit du discours inconscient. Il faut d’ailleurs ajouter à cet a’ un a’’, la jeune fille qui, fouillant dans le coffre, donne encore une image différente de la même femme. Se trouvant à la croisée des chemins, il n’est sans doute pas innocent ni qu’elle tourne le dos, ni qu’elle soit à genoux, ni qu’elle cherche dans un coffre. Rien ne nous interdit d’imaginer que ces trois lignes se croisent au niveau de l’œil qu’on ne voit pas, occupé à chercher dans le coffre. Rien ne nous empêche d’imaginer que tout se passe dans cette tête comme questionnement et recherche de l’identité féminine. Disons le en termes freudiens : si le ça s’étale au premier plan en une licence réservée aux chambres à coucher (historiquement, c’est le cas de ce tableau), le surmoi veille à l’arrière plan sur les curiosités du moi.

Ces trois lignes qui se croisent nous donnent une certaine perspective, qui n’est certes pas à prendre au sens d’illusion de la réalité, mais au sens d’un point de vue de l’inconscient.

Disons alors un mot de la perspective au sens classique du terme. Les lignes de fuite issues du carrelage se rencontrent en un certain point dans le rideau noir, proche de sa limite. La ligne horizontale passant par ce point se définit comme ligne d’horizon. Elle indique en principe la hauteur des yeux de l’observateur, c'est-à-dire de celui qui regarde la peinture. Il se trouve que cette ligne passe aussi par la tête de la jeune femme fouillant dans le coffre. Elle est donc fort proche de la ligne tracée plus haut, qui était issue de l’œil de Vénus. Le point de concours des lignes de fuite, dit point de fuite, n’est pas tout à fait exact puisque les quelques lignes issues de la droite du tableau, angle du plancher et du mur, corniche sur le mur, bas des tapisseries, se croisent en d’autres points apparemment sans logique.

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Cette femme debout, qu’il me vient d’appeler mère ou nourrice, à l’air d’être en train de se retrousser les manches pour donner le fouet à la (petite ?) fille. Ce qui nous renverrait à l’éternel sentiment de culpabilité issu de la castration : tu l’as perdu, hein ! Et bien cherche maintenant, et t’as intérêt à le retrouver, sinon c’est le fouet ! Ce serait un garçon, ça serait pas mieux : t’as intérêt à filer droit, sinon on va te la couper ! Au fait, le fouet était fort bien dénommé autrefois du nom de verges. Il semble que ce qu’elle tient en guise de verges ressemble plus à un bouquet de fleurs. Ce serait un rappel du bouquet de roses que tient Vénus.

Le rideau noir coupant le tableau en deux semble avoir été posé là pour mettre en valeur la beauté du corps féminin, la clarté de la peau ressortant mieux sur ce fond contrasté. Le corps de Vénus se lit donc comme seul relief de cette partie du tableau, seule représentante de la troisième dimension de ce côté, tandis que c’est la perspective qui ouvre la profondeur de l’autre côté. Avec le vrai et le bon, la beauté complète le bouquet des idéaux platoniciens. Ce serait donc ce corps dévoilé, sauf le sexe, qui reste voilé de la main. Son statut de troisième dimension surgissant de la platitude du rideau lui donnerait donc qualité phallique, je veux dire d’être le phallus, faute de l’avoir. Or il me semble bien lire dans les plis de ce rideau les lèvres d’un sexe féminin s’ouvrant juste au-dessus de la tête de Vénus. Je l’ai entouré d’une ellipse. Une petite excroissance du tissu ferait même penser au clitoris. Ce que la main refoule, la tête le fait réapparaître.

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Je m’aperçois alors que deux des lignes de fuite issues du carrelage viennent se perdre dans ce retour du refoulé. Lesquelles ? Celles issues du chien, passant par les pieds de la femme agenouillée ! Voilà une femme qui a du chien ! Le chien, comme les chaussures ou les pieds sont fort souvent des substituts de phallus. Il se trouve que ce chien se situe sur l’horizontale qui rejoint les mains de Vénus. Du coup j’aperçois l’ouverture des doigts répétée sur chaque main comme le triplement de cette tentative de représentation du sexe féminin. D’où les deux petites ellipses. L’inclinaison de ces trois fentes est la même… du coup, je vois tous les plis du rideau retranscrire la même figure, plus ou moins ouverte ! Il se peut que j’exagère, là…

Mais c’est logique : le refoulement a besoin d’un rideau pour masquer l’horreur de ce qui est vécu comme une castration. Et c’est le rideau lui-même qui se fait tableau pour faire voir l’invisible. Du coup l’autre tableau met en scène les affres de la culpabilité liée à cette perte : l’un est le symétrique de l’autre. Au fond, ce que cherche la fille dans le coffre, le phallus, elle ne le trouve pas, mais elle trouve l’étoffe du tableau déployée sur la gauche. Et cette scène apparaît comme transcrite sur un tableau dans le tableau, limité verticalement par le bord du rideau noir, rendu rigide par on ne sait quel procédé, et horizontalement par le bord du lit où Vénus s’expose.

L’essentiel des lignes de fuites se situent dans ce tableau secondaire, qui en fait un véritable trou dans le tableau primaire. Véritable mais non réel, puisqu’il s’agit d’illusion, comme celle qui fait voir un phallus là où il n’y en a pas, sur le corps d’une femme. Or la perspective qui semble réservée à cette partie du tableau s’appuie, ai-je dit, sur l’arrière train du chien, faisant de celui-ci le symétrique par rapport au point de fuite du pli si sexuellement féminin du rideau noir. Ainsi sont mis en rapport deux représentations de l’irreprésentable, l’une par l’analogie, dans les plis du rideau, l’autre par la fonction, puisqu’il s’agit d’une trouure organisant tout l’espace du tableau secondaire, dont le chien, avec l’assurance d’une queue toujours présente ne serait que le label phallique, garant de ce que la beauté n’est rien d’autre qu’un voile mis sur la castration.

Enfin l’oblique issue du coussin sur lequel s’appuie Vénus a attiré mon attention. J’en ai tracé la direction, pour voir. Pas facile, car ce n’est pas un trait droit. Mais dans l’à-peu-près, je me suis aidé du fait qu’il passait fort près du croisement entre le bord du rideau et la ligne d’horizon. Dans le bord supérieur du tableau, ce tracé rencontre la direction du regard de la mère qui, passant par la jeune fille agenouillée, indique le sexe de Vénus, ce qui nous ferait un autre point de fuite… virtuel. Cette oblique peut-elle être l’axe de symétrie organisant la distribution du chien et du sexe ? visiblement non. Par contre elle me donne l’idée de l’autre diagonale traversant la fenêtre phallique du fond. Celle-ci passe par le point de rencontre entre la ligne d’horizon et la coupure verticale du rideau et correspond, bon an mal an, à la trace d’un miroir magique qui ferait du chien l’image transformée du vagin. Pour réaliser cette droite, j’ai fait pivoter d’un angle droit une copie de mon ellipse vaginale. Dans l’inclinaison obtenue, j’en ai entouré le chien, puisque c’est ce chien qui est indiqué comme symétrique de l’ouverture vaginale par rapport au point de fuite. Les prolongements des grands diamètres de chacune de ces ellipses se rencontrent en un point qui est le sommet de l’angle droit les écartant. Il n’y a plus qu’à en tracer la bissectrice.

Car ce que cherche le regard en cherchant le point de fuite, c’est à la fois un repère dans l’espace (où suis-je ?), un trou dans le tableau (ou cours-je ? par où puis-je échapper ?) et un trou dans le corps (qu’est-ce qu’il y a dans le fond de la mâle ? de quel sexe suis-je ?). Ce qui nous ramène aux questions chastement posées par Kant : que sais-je ? (où suis-je ?) Que dois-je faire ? (morale, culpabilité) Que m’est-il permis d’espérer ? (quel est mon désir ? en rapport au sexe évidemment).

En conclusion : c’est le sexe qui nous regarde. Point de fuite possible !"

Richard Abibon, 21 janvier 2008

20 janvier 2008

Ecouter des exposés

Vous trouverez sur ce blog dans la colonne de gauche, la possiblité d'écouter des exposés réalisés en 2006 pour le cycle d'exposés. (ils viennent d'être convertis en .mp3).

site du cycle d'exposés : http://cycle.dexposes.free.fr

Lunette de WC

Eh oui... il existe une problématique de lunette de toilettes... c'est débile à souhait... Je vous explique :

Je me suis penchée tout à fait par hasard sur ce qui m'apparut comme une problématique de l'instant (de celles qui sont difficiles à saisir puisque très fugitives...) : quels sont les hommes qui relèvent la lunette des WC ? et parmis ceux là, ceux qui ne la rabattent pas après ? Quels sont les foyers où sont instaurés de fermer lunette et couvercle ? etc.. etc...

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Il apparaît pour certains hommes, que lever la lunette est une mesure d'hygiène, une manière aussi de respecter la femme.

Il apparaît que pour certaines femmes, devoir rabattre la lunette levée, laissé en l'état par certains hommes est agaçant, voire irrespectueux.

Malentendu ?

A y réfléchir presque sérieusement, je me suis dis que c'était une question de point de vue : pour ces hommes le respect passe par le fait de montrer que la lunette est levée, un point de vue à l'horizontal. Le point de vue de la femme est à la vertical, pour elle, le rebord des toilettes a la même caractéristique que la lunette, et elle peut s'y méprendre... 

C'est pourquoi dans certains foyers... il vaut mieux rabattre le couvercle... comme ça pas de méprise !

 

18 janvier 2008

Résistance légitime à l'alcoolisme

Je viens de retrouver dans le fond de mes étagères un texte écrit en 1993 que je ne retrouvais plus, que je croyais oublié à jamais, un de mes premiers textes officiels : "Résistance légitime à l'alcoolisme"... alors vite, scané, vite, enfin disponible ici et voilà : http://caussanel.free.fr/resistances-1993/resistance_a_l_...

16 janvier 2008

Con-vivialité

Tonvoisin Debureau a de la suite dans les idées.... il devient Tonvoisin Depalier...

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à suivre de près en mars 2008, mais pour en savoir plus dès maintenant, allez visiter son blog ici

12 janvier 2008

Appel à articles...

de la part de Frans Tassigny pour le numéro 2 et numéro spécial de la toute nouvelle revue "Khéopsy" 
Notre "Une"
Je suis à la recherche d'articles inédits sur "la question de la formation", il seront publiés dans un N° Spécial de ma revue électrnique "Khéopsy" après validation du comité de lecture.Lorsque Lacan parlait en fonction d'une " formation de psychanalyste" avec des séminaristes tels que Pontalis, Hyppolyte, Mannoni, Granoff, le discours prenait une forme bien plus élitiste qui d'ailleurs se transformait en dialogue spéculatif voir philosophique, il employait un autre braquet que celui que l'on emploierait pour former des étudiants,ou des analysants.C'est d'ailleurs souvent les interventions de ces savants (devenus pour certains ses pyramidaux) qui éclairaient et poussaient Lacan dans ses derniers retranchements, de plus il citait contunellement Levis-Strauss, et il faut l'avoir lu et bien lu et pour ce groupe c'était l'abc..quel collectif peut en dire autant actuelement ?. Comprenez vous maintenant pourquoi ce discours a fait date...(ft)
avec comme réaction
"tous ont tort sauf l'analyse lacanienne" - moi c'est pire c'est carrément "tous tout faux" dès lors que derrière s'érige, je dis bien s'érige,école, système, théorie, doctrine ou idéologie .. quoi de plus commun sous impulsion de loyauté de défendre sa et leur cause.. que bien lui semble, à ce psychiatre et aux Lacanien, de croire qu'il s'échappent à la production de "Moi" fort - qu'ils ne dirige pas de psychologie du développement du Moi. je reviens ici au bon vieux Arno Gruen et sa critique, en quelque sorte auto-critique courageuse, à l'égard de la psychanalyse. L'élite ne me dérange pas mais l'attribut de devoir s'y soumettre, la légitimité sine qua-non, l'exclusion de la critique (qu'Adorno appelle le "tiers-exclu" -  gonflé cet homme) cela m'incommode..
c'est dire que je ne crois pas que l'ouvrier n'a pas accès à l'analyse - les CMP en banlieues et autres sont truffés de Lacanien, mais qu'il y entre comme ouvrier et qu'il en sort ainsi - que Science-Po y entre ainsi et qu'il en sort encore plus renforcé.. pour les exceptions, car elles existent, il n'y en a pas plus pas moins qu'ailleurs, dans d'autres thérapies..

Chiche de reprendre la phrase de Lacan : "le discours capitaliste, c'est quelque chose de follement astucieux...ça marche comme sur les roulettes , ça ne peut pas marcher mieux. Mais justement ça marche trop vite, ça se consomme. ça se consomme si bien que cela se consume" - un eu jeu de mot tout de même... (ck)
à vous lire
à vous publier
frans tassigny
kheopsy@gmail.com

10 janvier 2008

2008

Tous mes voeux de réussite(s) pour cette toute nouvelle année toute vierge qui commence... Que 2008 ouvre les huîtres et nous plonge dans l'infini du quart de tour, tous les jours !!

Pour fêter ça, je vous invite à écouter le langage mongol, insolite, interessant, guttural... un régal d'oreilles
podcast

et pour le régal et le moral des yeux, cliquez sur l'image pour voir l'animation : 

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Allez, courage, sensation, douceur, sérénité et plus encore...

Et puis si vous avez des idées de relance pour le cycle d'exposés, ma foi, je suis toute ouïe.
site du cycle d'exposés : http://cycle.dexposes.free.fr/
Bien amicalement
Marie Laure Caussanel
http://caussanel.free.fr/

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