07 septembre 2009
Sexualité et psychanalyse aujourd'hui
René Lew propose un séminaire préparatoire au colloque du CMPP d'Ivry sur seine (voir l'argument du colloque à la suite) :
Sexualité et psychanalyse aujourd’hui
Fonction et champ de la parole et de la sexualité en psychanalyse
En psychanalyse on ne travaille que dans la matière subjective : langagière, sexuelle et productive ; sans aucun objet extra-subjectif, même si ceux-ci constituent à l’horizon de la psychanalyse les facticités de Lacan : cet horizon, politique au sens standard, mérite d’autant qu’on s’y intéresse. Les psychanalystes sont ainsi intimement liés à leur pratique. C’est pourquoi la sexualité est inhérente à celle-ci au même titre que la parole, et qu’ils ne paient pas seulement de leur personne, de leurs convictions, de leur pensée ou de leurs sentiments, mais aussi de leur sexualité (pulsions, angoisse, désirs, jouissance).
La question posée est donc celle du corps, du sexe, de la parole et du langage, en leur lien, et telle que les psychanalystes ont à l’assumer chacun en son nom et à sa façon, c’est-à-dire avec son propre corps, son discours, ses pulsions, et d’abord sexuelles, sa vie, ses conceptions et son intimité — sans oublier sa pulsion de mort. Serait-ce celle-ci qui, au fond, implique la règle d’abstinence ? Ne confond-on pas abstinence et abstention ?
Sexualité et violence
À la violence insidieuse du bien-penser du sexe s’oppose, du fait de la pulsion de mort, ce qui est à tort reçu comme violence du franc-parler. Reste bien entendu que son mode de réceptivité (lexis=assomption) est là encore essentiel et que même ce franc-parler ne saurait se passer de rhétorique.
Mais, sous cet angle d’un échange aussi transférentiel, se profile la violence d’être plongé dans le réel du discours. Pour s’en protéger le sujet charge l’ordre établi d’une fantasmagorie théoricienne très sûre d’elle, mais inopérante, car elle n’implique pas le praticien lui-même. Comme s’il était question de se départir d’incomplétude pour être efficace et non l’inverse.
Ce séminaire introduira tant au colloque de CMPP des 29 et 30 mai 2010 (dont l’argument complète celui-ci) qu’au colloque du Comité de liaison français de Convergencia des 12 et 13 juin 2010.
H o r a i r e s , l i e u
Les 2ème et 4ème jeudis du mois (sauf vacances scolaires)
à partir du 8 octobre 2009, de 12h15 à 13h45,
au CMPP, 8,bis avenue Spinoza, 94200 Ivry-sur-Seine, 01 49 60 25 77.
Le CMPP d’Ivry-sur Seine propose un colloque
L e s 2 9 e t 3 0 ma i 2 0 1 0
Sexualité et psychanalyse aujourd’hui :
u n e q u e s t i o n d e d i s c o u r s
Le concept de parrêsia (le franc-parler) vaut-il pour la psychanalyse ? Peut-on parler de sexualité autrement qu’à mots couverts ou par concepts ou mathèmes qui éloignent de la fonction pragmatique de celle-ci ? Quant aux psychanalystes, il s’agit de leur façon de parler de soi, des autres ou des analysants, c’est-à-dire de leur façon de s’impliquer aussi sexuellement dans leur propre discours. On peut ainsi gloser positivement sur la prise universalisante de la « chasse de Pan », ce concept inductif de Francis Bacon visant la généralisation, en soulignant ce qui s’attachait d’érotique à Pan.
Le bien-dire dans la psychanalyse laisserait-il de côté la sexualité ? L’idéologie de la famille nucléaire et bien-pensante domine-t-elle toujours? Pudeur, inhibition, ou au contraire ostentation sont là à discuter. La transposition de la fonction phallique (en intension) en objet a (en extension) ayant valeur de déchet fait rejaillir sur toute la sexualité cette déchéance. Faut-il se contenter de dévoluer en apparence la fonction sexuelle au seul Père ? Pourquoi la sexualité atteint-elle aussi vite, dans le discours, un degré notable d’abjection ? Où sont les tabous actuellement ? Comment la structure du pouvoir, celle de la transmission et celle de leur mise en scène se nouent-elles pour faire institution ? Peut-on dès lors reconsidérer des constantes syndromiques pour spécifier l’éventail des positions analytiques vis-à-vis de la parole et de la sexualité, voire du parlersexe ?
Position masculine et position féminine sont-elles, dans leur organisation signifiante, en particulier en institution, détachées de leur fondement sexuel ?
Il sera question ici de « l’humilité » et du terre-à-terre humain du discours vrai sur le sexe assumé en première personne et pas uniquement désigné extrinsèquement. Façon de passer de la lexis du sexe à des propositions que le sujet partie prenante, l’analyste en l’occasion, soutienne. Assurément, la sexualité questionne tout autant une logique de la vérité,
qu’elle est elle-même interpellée.
Ce colloque est introduit par le séminaire du jeudi midi au CMPP.
D a t e s , l i e u , i n s c r i p t i o n
Espace Robespierre, 2, rue Robespierre, (M° Mairie d’Ivry) ,
le samedi 29 (de 9h30à 18h) et le dimanche 30 mai (de 10h à 17h) 2010.
Accès libre.
10:05 Publié dans exposés, colloques... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sexualité et psychanalyse

















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