26 novembre 2009

La première séance

Témoignages d'analysants sur leur première séance d'analyse.



Documentaire de Gérard Miller (diffusé sur F3 idf/centre le 7/11/09)

30 octobre 2009

Esoterus êtes-vous ?

 

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Marie Theotokos I

 

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Esoterus II

 

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Esoterus III (êtes vous Freudienne)

 

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Esoterus V (êtes vous Kleinienne)

 

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Esoterus VI (êtes vous Lacanienne)

 

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Esoterus VII (êtes vous Jungienne)

 

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Esoterus VIII (êtes vous Adlerienne)

 

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Esoterus IX (êtes vous Reichienne)

 

29 octobre 2009

Revue Essaim

28.10.09 | Essaim - Revue de psychanalyse Essaim - Lettre d'information n°15

Afin de poursuivre le débat engagé avec la parution de son numéro 22, "C'est à quel sujet ?", la revue de psychanalyse Essaim propose une journée d'étude le 5 décembre prochain à Paris, dont vous trouverez ci-dessous l'argument et le programme.

Le vif du sujet

En psychanalyse, tout comme dans les domaines de la philosophie et du droit, le sujet est actuellement à l'honneur. Mais, pour ce qui concerne notre champ, cet honneur est bien ambigu. A la mesure de l'importance renouvelée qui paraît lui être accordée, on perçoit comme une adultération de sa définition même, de sa raison d'être dans notre pratique.

De représenté par un signifiant pour un autre signifiant, selon la très rigoureuse, et à notre avis, incontournable définition qu'en établit Lacan, il en vient à se faire signe de « nouvelles subjectivités ». Ceci d'une façon qui reste peu problématisée et surtout induit en erreur en s'appuyant sur une clinique qui n'est plus celle du sujet dans sa définition psychanalytique, puisque, comme dans la séméiologie médicale ou psychiatrique, celui-ci se retrouve alors représenté par « un signe pour quelqu'un ».

Cela rend antinomique la notion de sujet et celle de subjectivité. Le sujet est coupure, aphanisis, il s'institue dans la destitution. Le sujet ne se subjective pas. Il est moment d'éclipse qui se manifeste dans la fente de l'une bévue (Unbewusste, inconscient). Il prend la place de ce que Freud appelait « l'hypothèse de l'inconscient ». Si subjectivation il y a, elle est du ressort d'un « je », soit d'une articulation grammaticale, dont le sujet reste en dessous (sub-jet).

Ainsi, sur la base de la confusion du sujet et de la subjectivité, « les nouveaux sujets » se mettent-ils à fleurir sous la plume de certains psychanalystes : nouveaux sujets de la nouvelle économie psychique, nouveaux sujets du sinthome, ... Or, prendre la subjectivité pour le signe du sujet est le plus sûr moyen de ravaler la psychanalyse au rang de psychothérapie et la soumettre à réglementation.

Avec cette journée, la revue Essaim propose de raviver le débat que ces questions ont suscité.

Matin 9h30-12h30.

Présidents de séance : Simone Wiener et Dominique Simonney

Ouverture de la journée : Sophie Aouillé

Daniel Koren. Quoi de neuf ?

Y aurait-t-il un nouveau sujet, effet des sociétés dites postmodernes, présentant une nouvelle économie psychique, affecté par de nouvelles pathologies et induisant une nouvelle clinique ?

S'il y a une réelle nouveauté, sur quel registre se situerait-elle?

Pour aborder ces questions, je proposerai de porter dans un premier temps un regard rétrospectif sur certains moments de l'histoire de la psychanalyse. De Freud (cf. « La morale sexuelle « culturelle » et la nervosité moderne », 1908) et jusqu'à nous, en passant par les « culturalistes » et les « néo-freudiens ».

Cette mise en perspective nous permettra dans un deuxième temps, entre différences et répétitions, de faire la part entre structure et histoire.

Franck Chaumon. Le sujet et les discours

Dans la pensée de Lacan, et ceci tout au long de son enseignement, le concept de sujet est rigoureusement défini. L'usage du terme de « nouveau sujet » ou de « sujet contemporain » en fait fi, visant plutôt les effets de subjectivité liés à la prise du sujet dans le lien social.

Encore faut-il distinguer ce qui ressort du « discours capitaliste » et ce qui relève de la police et du politique, au sens où les définit Jacques Rancière.

Nicolas Guérin. L'idéologie du déclin et la psychanalyse

Le succès récent d'un courant de critique sociale se revendiquant de la psychanalyse lacanienne appelle et ressuscite un réexamen des rapports entre idéologie et psychanalyse. Il s'agit donc d'interroger les "raisons" de ce succès en retraçant notamment l'histoire de ce courant et la généalogie de ses notions principales afin d'en tirer ensuite les conséquences, tant sur le plan de l'épistémologie, de son degré de congruence à l'enseignement de Lacan et de la politique de la psychanalyse.

Après-midi 14h30-18h

Président de séance : Michel Plon

Sylvain Gross. Crise du sujet ou sujet de crise

Le sujet, divisé constitutivement par un signifiant qui le représente auprès d'un autre signifiant dans la chaîne, est toujours en crise. Comment l'idéologie d'une époque le marque-t-elle par les maîtres-mots qui la caractérisent ? Les crises que le sujet présente sont-elles coordonnées à celles du signifiant-maître qui ordonne la jouissance de l'objet ?

Jean-Pierre Lebrun. A propos « des conséquences graves pour la pensée analytique »

Le malentendu est de structure : il ne devrait donc pas trop nous étonner. Serait-il aussi à l'œuvre dans ce qui se présente comme une dénonciation des « conséquences graves pour la pensée analytique » ? C'est ce que nous essayerons de préciser.

Claude Léger. Les transparents

S'il est un trait qui distingue notre civilisation contemporaine, c'est bien l'idéologie de la prévention des risques : en découle une pratique généralisée de la surveillance et de l'évaluation. Celle-ci suppose la transparence des individus, dont le postulat est l'inter-subjectivité, laquelle transforme déjà, au moins pour certains, l'expérience analytique en une technique psycho-éducative.

Conclusion des débats : Erik Porge

92 bis, bd Montparnasse. Paris
9h30-12h30 14h30-18h
Entrée : 50 euros
30 euros pour les abonnés à la revue (possibilité de s'abonner sur place)

Essaim, deux numéros par an : France 48 euros, étranger : 53 euros

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SOMMAIRE DU N ° 22
Éditorial

Franck Chaumon, Sujet de l'inconscient, subjectivité politique

Erik Porge, Un sujet sans subjectivité

Patrick Faugeras, Politique du sujet

Thierry Longé, Parcours de la Sehnsucht dans l'œuvre de Freud : au commencement

Christian Fierens, Le dire du pastout

Rodrigo Toscano, Lacan avec Sade : objet a et jouissances sadique et masochiste

Simone Wiener, De vains secrets


Lectures


Emmanuel Brassat, Alain de Libera, Archéologie du sujet

Christine Chaumon, Henri Rey-Flaud, L'enfant qui s'est arrêté au seuil du langage

Michel Plon, Fernand Cambon, De quoi est fait l'inconscient

Erik Porge, Philippe Porret, La Chine de la psychanalyse

Dominique Simonney, Nestor A. Braunstein, Depuis Freud, après Lacan

Philippe Porret, Fernand Deligny, L'arachnéen et autres textes

Daniel Koren, François Perrier, La Chaussée d'Antin


23 octobre 2009

Retour à Freud

Sans transition (quoique c'est tambour battant), s'annonce dans les couloirs du temps de la psychanalyse, un certain "Retour à Freud"....

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et j'ai même entendu dire que là où se trouve aujourd'hui la psychanalyse de demain, c'est à dire les avancées les plus remarquables se repéraient dans les Associations (de psycanalystes) Freudiennes (se rapportant à associations et non aux psychanalystes femmes.... quoique... on se demande... depuis Freud, que veut la femme, n'est-ce pas ? Y en-a-t-elle (?) "une" (?) qui peut le dire ?).

Temps de crise ? Crise de la psychanalyse ? Temps de la psychanalyse... qui doit se faire psychanalyser sans doute. Allongez-vous ma Chère... Etendez-vous... dites-nous vos associations... Vous souffrez ?

Toujours est-il que nous sommes marqués par ces créateurs du début XXème, Poincaré, Einstein... qui pouvaient encore "scientifiser" à partir de leurs propres observations. Aujourd'hui la tendance, le bain contextuel, tend à laver les observations, à produire des observations propres, c'est à dire où le "sujet" qui parle serait tout à fait exclu de ce qu'il dit. Des observations objectives comme on dit, valeureuse valeurs universelles dépourvues d'affect, qui polissent le "sujet", tout en collectant partout que des petits grands "je". L'artefact est de taille. Comment un certain discours de vérité, affecté à souhait, lie la pratique et la théorie, peut retrouver visage humain sans avoir peur de se 'dépouvoiriser'... Comment le "ich" peut être réintroduit en psychanalyse sans qu'il soit obscène... Comment le sexe peut-il encore couler à flot... Comment les psychanalystes peuvent-ils encore fumer des cigares... Comment c'est qu'on ment ?

 

 

 

 

26 juillet 2009

il était deux foi...

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Sigmund Freud

Le compte à rebourd des générations "d'après". ça compte à l'envers. Pas pour ceux qui ont vu le pendant de l'après avant mais pour ceux qui suivent l'avant après.

Il était une foi....

de gauche à droite: Jacques Lacan, Cecile Eluard, Pierre Reverdy, Louis Leiris, Pablo Picasso, Fanie de Campan, Valentine Hugo, Simone de Beauvoir, Brassaï, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Michel Leiris, Jean Abier

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13 mai 2009

Service d'écoute téléphonique d'urgence

(24h / 24 - 7j/ 7)

Tél. : 01.45.26.81.30
e-mail : rph@magic.fr
www.rphweb.net


CONSULTATION PUBLIQUE DE PSYCHANALYSE
ΨΑ
La consultation pourra être gratuite.
Le RPH (Réseau pour la psychanalyse à l'hôpital) a été fondé à partir d'une expérience clinique de psychanalyste à l'hôpital Avicenne (93) datant de 1991.
Les rendez-vous peuvent être pris en appelant notre siège social à Paris, au 01.45.26.81.30
Cette consultation s'adresse à tous, celles et ceux (enfants, adolescents, adultes) qui veulent rencontrer un psychothérapeute ou un psychanalyste.
Notre équipe se compose de psychanalystes, de psychothérapeutes, d'étudiants en formation.
Une permanence téléphonique est assurée tous les jours de la semaine
Association RPH
Réseau pour la Psychanalyse à l'Hôpital

Nos correspondants sont les suivants :
Les hôpitaux : Avicenne, Jean Verdier, Boucicaut, Fernand Widal, Centre de Planification de Saint Denis, Institut français de chirurgie de la main, Saint Antoine.
Les associations : Sol en Si, Sclérose en plaques, Bureau français de l'épilepsie, des brûlés de France, Association française des polyarthritiques, Association française du lupus et autres collagénoses, SAMU social, ANRS, SOS dépression, SOS suicide, Agir contre le chômage, La porte ouverte, Relais, Point Info Ecoute Parents, APCARS (Service d'accueil et d'orientation du tribunal de grande instance de Bobigny), RESO, Association française de recherche génétique, UNAFALT (Union nationale es associations familiales de lutte contre la toxicomanie), Enfance et Partage, Centre Ressources
Les institutions : L'Aide Sociale à l'Enfance de Seine Saint Denis, la DDASS des Yvelines, le CMP de Stains, les CMP, CMPP et PMI de Marly-le-Roi, les foyers d'actions éducatives (FAE)
Ainsi que le ministère de l'Equipement et le Conseil Général de Seine-Saint-Denis et des Yvelines
De même, les chefs de service, assistantes sociales, cadres infirmiers, chefs de clinique, psychologues, psychiatres, éducateurs, psychanalystes, sont appelés à collaborer étroitement.

12 janvier 2009

Le rêve de l'analyste

A propos du livre : "LE REVE DE L'ANALYSTE"

 

de Richard Abibon


Editions Le Manuscrit - essais et documents

 

Passeur de livres : Christian Fierens psychanalyste à Tervuren près de Bruxelles. Membre du Questionnement psychanalytique. Enseigne au Centre d’Etudes sur la psychanalyse de l’Université Libre de Bruxelles. Publications : "Lecture de l’étourdit" Lacan 1972 et "Logique de l’inconscient", Lacan ou la raison d’une clinique - Editions l’Harmattan ; "Comment penser la folie ? essai pour une méthode" ; et de "Relance du phallus" - Editions érès

Christian Fierens a lu "Le rêve de l’analyste"

 

A travers ses rêves, Richard Abibon(1) analyse sa relation inconsciente à quelques uns de ses analysants, se laissant pour l’occasion l’analysant de sa pratique d’analyste.

Le propos se situe bien dans la ligne droite de l’inventeur de la psychanalyse : à l’aube du siècle passé, Freud passe d’une étude de ses patientes à une interrogation sur lui-même. Des Etudes sur l’hystérie à L’interprétation du rêve et de ses propres rêves. Pour être analyste, le praticien doit retourner à sa propre analyse de l’analyste. Retour à Freud redoublé, le retour d’Abibon peut-il nous éclairer sur la psychanalyse aujourd’hui ? Le livre d’Abibon contribue-t-il à une mise à jour de l’invention de la psychanalyse ?

Pour répondre à la question, nous posons la question : quelle est la différence entre la démarche freudienne et celle d’Abibon.

Au premier abord, la différence apparaît au niveau de type de clientèle de Freud et Abibon, du point de vue socioculturel et psychopathologique. Les analysants de Freud, venant pour la plupart de la bourgeoisie viennoise, consultaient dans le cadre d’une pratique privée pour des problèmes apparemment névrotiques, hystériques ou obsessionnels. Les analysants d’Abibon, largement issus de l’immigration et consultant dans le cadre d’un dispensaire, ne portent pas d’étiquette diagnostique même si le psychiatre classique pourrait les ranger sans grande difficulté dans les catégories de « schizophrénie », de « dépersonnalisation » ou de « borderline ».

Cette différence contingente et anecdotique ne nous retiendra pas, pas plus d’ailleurs que les différences personnelles entre l’inventeur de la psychanalyse et de son lointain successeur.

Une différence structurelle, bien plus importante, s’offre immédiatement au lecteur : L’interprétation du rêve de Freud est centrée sur une thèse massive – Le rêve est l’accomplissement (déguisé) d’un désir (refoulé) – , alors que Le rêve de l’analyste se défend explicitement de toute thèse universelle. Là où le fond de la gorge d’Irma éclairait définitivement la lanterne de la psychanalyse, Richard Abibon se propose « la plus grande prudence afin de ne pas verser aussitôt dans une identification qui m’aurait fait prendre la vessie d’Aldjia pour ma propre lanterne. Je ne puis que conclure sur la singularité de mon discours en déposant l’hypothèse universelle au pied du non licet », non licet qu’Abibon qualifie d’ailleurs de « freudien »(2). Car c’est bien à suivre le fil de l’invention freudienne qu’Abibon se retrouve sur le versant singulier d’un discours apparemment assez éloigné de la vulgate freudienne.

Mais que veut dire cette « singularité » sur laquelle l’auteur ne cesse d’insister tout au long de son ouvrage ? Précisément la singularité de « l’auteur » (ici en l’occurrence du psychanalyste), qui, permettons-nous le mot, ne s’auteurise que de lui-même. Aussi bien l’auteur ne citera-t-il jamais directement ses analysants : pas de discours direct des analysants, pas de tirets ou de guillemets prétendant rapporter une parole fidèlement. Il s’agit bien de rappeler que le sujet de l’énonciation n’est ici que l’auteur qui ne se défile pas : « Je n’aurais pas l’outrecuidance de croire ou de faire croire que ce sont là les paroles d’un autre : ce n’est que ce que je crois me souvenir de ce que j’ai cru entendre, déjà élaboré par le temps, le sommeil et les rêves. Mais vous lecteur, vous pouvez me répondre de votre voix ou clavier : le dialogue, ici, il est entre nous, et pas pour de semblant ; enfin, j’espère »(3).

Loin de la thèse – qui fait toujours universitaire – , nous nous trouvons plongés et invités dans un travail d’élaboration toujours déjà commencé par le temps, le sommeil et les rêves. Cette fois, non pas la thèse, mais la démarche est authentiquement freudienne : le rêve est indissociable de ses associations et donc de l’à venir du rêve. N’est-ce pas là être plus freudien au vingt-et-unième siècle que Freud ne pouvait l’être cent ans plutôt ?

Quel est l’avenir du livre de Richard Abibon ? Le lecteur y est constamment convoqué.

Il ne s’y retrouvera qu’à une double condition : 1° malgré sa présentation aisée, familière, explicite, le livre est loin, très loin d’un ouvrage de vulgarisation ; le lecteur doit déjà être quelque peu familiarisé avec la pratique des textes freudien et lacanien ; 2° à cause de sa présentation aisée, familière, explicite, le livre est loin, très loin d’un manuel technique qui fixerait le dogme freudien et lacanien ; le dogmatisme ne trouvera dans ce livre que motif à s’offusquer. Puisse ce livre servir plutôt de pierre d’achoppement, de scandale pour relancer le travail du lecteur.

Car tel a été aussi le parcours de Richard Abibon. Il sait déjà, il n’est pas né de la dernière pluie ; et pourtant ce savoir ne flocule pas en un savoir définitivement assuré. Non seulement, Freud et Lacan se trouvent constamment remis sur le métier ; mais surtout le « cas », non pas le cas psychiatrique, mais ce qui lui tombe de l’analysant comme interrogation, lui sert de relance pour son propre désir d’analyste, qui seul peut être suivi à la trace dans ce livre ; l’affaire de l’analysant importerait certes aussi, elle s’efface dans l’énonciation de l’auteur (à charge bien sûr pour l’analysant d’en avoir fait aussi quelque chose, mais c’est là une toute autre histoire, dont le lecteur se gardera doublement de juger, puisque l’auteur ne nous parle que de sa propre énonciation et que le lecteur ne connaît que sa propre lecture).

On ne résistera pourtant pas à épingler la grosse Estelle, la belle Aldjia, le détestable Pierre pour y lire la trace du parcours singulier du psychanalyste Abibon.

La grosse Estelle, « est-ce elle », est-ce la mère ? Car cette question sur la maternité sous-tend incontestablement la pratique de l’analyste, qui ne se contente pas de suivre son analysant, mais qui va jusqu’au bout de porter la parole de l’analysant : « J’ai ouvert cette problématique sur celle de la prise en charge, non en termes de suivi, comme on le dit trop souvent en institution, mais en allant jusqu’au bout de ce que cela peut signifier en termes inconscients : jusqu’au désir de l’analyste de porter en soi l’analysant comme un bébé »(4).

La belle Aldjia – le mystère de la beauté ne livre pas sa clef - . Le désir de l’analyste est convoqué sans savoir. Pourquoi devrait-il se refermer sur un savoir ? La question est sans doute inséparable de la politique générale du livre : le parcours singulier de l’auteur, qui prolonge son rêve et se remet en question.

Le détestable Pierre – auquel l’analyste serait bien tenté de rejeter la pierre « c’est la faute à telle ou telle pathologie du patient », et le diagnostic peut bien servir pour conforter ce genre d’accusation. Abibon aurait pu le trouver « sans aucune demande », ou « schizo », pour le renvoyer à d’autres. C’est à l’aune de ce qui apparaît comme « impossible », que l’on peut mesurer le désir de l’analyste : « tout ce que je peux faire pour ne pas l’entraîner encore dans une conception universelle du singulier, c’est de vous faire part de ma singularité, dont au moins je suis sûr, la singularité de mon rapport à lui, lui laissant le soin de s’occuper de la sienne propre, afin qu’en aucun cas il ne puisse être réduit à un cas »(5).

Le livre nous détaille ainsi le rapport singulier du psychanalyste avec tel ou tel analysant. Il n’en reste pas là ; il nous montre aussi le fil conducteur qui soutient le psychanalyste Abibon dans son travail singulier. De ce fil singulier, Richard Abibon tente de rendre compte par des morceaux de topologie qui viennent cristalliser son parcours singulier et sa façon subjective d’entendre, de porter, de répondre, de questionner, de relancer.

Le livre se termine par le parcours de trois questions : « Mais qui donc est dedans ? qui est dehors ? », « Mais qui donc a retourné le tableau ? » et « Mais qui donc a changé le code ? ».

Trois « mais » qui relancent le fil de l’analyse. Qui ? Qui ? Qui ?

Réponse : « l’auteur », et pas seulement Richard Abibon ou son livre en personne.

Le « dehors » de l’analysant qui apparaissait à l’extérieur de l’analyste s’avère homogène au « dedans » du rêve de l’analyste. L’analyste l’accepterait en son for intérieur, « à la manière d’une mère qui accepte la fécondation et le développement d’un bébé dans l’intérieur de son corps »(6). L’image serait trompeuse si elle se réduisait à une sorte d’ingurgitation ou d’introjection imaginaire. Mais l’oscillation dedans - dehors se joue dans un transfert en forme de bande de Moebius.

Le retournement du tableau, qui, au delà de toutes les représentations de l’objectivité du cas, renvoie à la présentation du sujet (c’est le rêve de l’analyste qui fait le sujet du livre), le retournement du tableau renvoie à notre propre regard. Il s’agit de mettre en question l’espace de notre regard et de sa théorie (propos topologique par excellence : « la topologie n’est-ce pas ce n’espace … ? »). Epinglons ici les très intéressantes remarques et trouvailles de Richard Abibon sur les Ménines de Velazquez.

Enfin le « changement de code » où la lettre de l’analysant est toujours volée, volée à sa mère, son père, etc. C’est encore le destin de la lettre d’être volée par l’analyste. Faudrait-il y déplorer le détournement des dits de l’analysant au profit de l’analyste ?

Quoi qu’il en soit, la lettre du symptôme y devient bien signifiante, employée pour autre chose…. Et l’écrit d’Abibon est bien le signifiant qui représente l’auteur pour une nouvelle dérive du signifiant.

Nous avons bien lu le rêve de l’analyste.

 

Christian Fierens

(1) Richard Abibon, Le rêve de l’analyste, éditions Le Manuscrit, essais et documents, livre disponible sur www.manuscrit.com
(2) P.303
(3) P. 71
(4) P. 367
(5) P. 365
(6) P. 372

 

Présentation du livre à Oedipe le salon le 13 janvier 2009 et à la Librairie Lipsy le 27 janvier à 20h30

08 novembre 2008

changement d'adresse du cabinet

Mon cabinet va déménager... évidemment je le suis.

ça sera à partir du 24 novembre 2008 et ça se passera désormais au 75 bis, avenue Danielle Casanova toujours à 94200 Ivry sur Seine, en face la Poste dans la rue en face la Mairie, entre le métro Maire d'Ivry et le RER C, sud-est de Paris, dans les terres au Nord de la France.

Changement d'ambiance car il sera "dans" un cabinet médical avec le Dr. Marlène Galantier, nutritioniste et le Dr. Ali Zeggane, pneumologue - Changement de décor, j'investis un divan plutôt orange, autour une couleur plutôt taupe avec des livres - Changement de costume, ça ne sera plus la cheminée, certes, mais le chauffage de l'immeuble Renaudie est bloqué au maximum - Pas de changement de pratique, toujours la même, une pratique de la parole (et toujours un tableau blanc sur un mur avec mes dessins plutôt topologique dessus).

Tél : 01.45.21.48.71

Marie-Laure Caussanel, psychanalyste.

 

09 mai 2008

Entre mère et fils de Virginie Megglé

Entre mère et fils, une histoire d'amour et de désir - par virginiemeggle



553408744.jpg« Tu seras un homme mon fils ! »

Elle voudrait le voir réussir loin d'elle, mais elle tremble de le perdre.il voudrait rester tout pour elle, mais il rêve de s'en détacher. Les sentiments entre mère et fils sont plus complexes et plus ambivalents qu'il n'y paraît ...
Du côté de la mère, comment autoriser son fils à exister loin d'elle? Comment se passer de lui? Du côté du fils,comment trouver la force de voler de ses propres ailes? Comment se séparer de celle qui lui a donné la vie pour s'engager auprès d'un autre amour?
Tendresse, admiration, enchantement, mais aussi sentiment de perte ou d'abandon, perte, exil, manque, jalousie, possession, deuil, dépit, débordement ... jalonnent cette relation et ne cessent de mettre à l'épreuve un attachement qui, de part et d'autre, se laissait imaginer idyllique .

En s'appuyant sur les moments forts qui marquent la relation mère/fils: le désir d'enfant avant même que la femme ne soit mère, la naissance du fils, les premières séparations, le premier amour, l'adolescence ... ce livre nous invite à découvrir les mécanismes de ce lien essentiel et à en déchiffrer l'énigme ... À Travers des témoignages de mères ou de fils, l'auteur éclaire chacun ede ces grandes étapes d'un point de vue psychanalytique et fournit des clefs pour inviter à les vivre avec le plus de bonheur possible.

 
Entre mère et fils

une histoire d'amour et de désir
Virginie Megglé
Eyrolles mars 2008


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